mercredi, 28 mai 2008

L'actualité financière : la fusion Bouygues-Alstom-Areva

Lagardère s'envole en Bourse, ce qui dans le contexte des grandes tractations financières surveillées par l'Elysée n'est pas un mouvement anodin. Il a gagné deux pour cent entre 10 H et Midi ce matin.

Cela survient au moment où semblent devoir enfin se dénouer les fils de la mythique fusion rêvée depuis des années par le Groupe Bouygues avec le français Areva, leader mondial du nucléaire et avec Alstom. 

La fusion à l'étude, dont le montage se ferait à la demande de l'Elysée si l'on en croit un récent article du Canard Enchaîné, consisterait en la détention à 35 % d'Areva-Alstom, prélablement fusionnées, par Bouygues et à 18 % par l'état.

D'après un expert, chacun des deux groupes (Bouygues et Areva) serait introduit à 20 milliards d'euros, ce qui impliquerait pour Bouygues un "cadeau implicite" de trois milliards puisque sa valeur actuelle est de 17 milliards. On conçoit le risque et à la fois l'implication d'un tel scénario. 

En tous les cas, Bouygues, qui se séparerait de Bouygues Telecom en vue de cette opération, ne cesse depuis quelques semaines de multiplier les records, tandis que s'envole de son côté le certificat Areva. Le suspense, relancé à l'Automne 2007 ne cesse d'être entretenu.

Un autre scénario filtrait hier auprès de certains spécialistes : Ce serait plutôt Colas, filiale de Martin Bouygues, qui serait mise en bourse pour trouver 5 milliards d'euros.

Mais voilà : les réserves émises  par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au mois d'Avril, sur une préparation insuffisante du bétonnage du site EPR de Flamanville ainsi que sur certaines non-conformités dans le ferraillage du béton, (réalisés par Bouygues) et bien qu'elle ait jugé globalement satisfaisante  la qualité des premiers travaux portant sur le bétonnage du socle, la décision vient de tomber aujourd'hui : les travaux sont suspendus.

Alors qu'au moment de ces réserves, Bouygues continuait de progresser à la Bourse de Paris, certains laisseraient entendre que ces incidents pourraient avoir été créés. 

Quoi qu'il en soit, ce projet de fusion, mal accueilli outre-Rhin, par Siemens qui détient 34 % d'Areva NP (ex-Framatome), demeure au centre des difficultés ressenties entre la France et l'Allemagne et pesant par ricochet sur une entente qui n'est pas au beau fixe. 

                                                                                                                            Michel Thomas de La Garde