jeudi, 27 novembre 2008

Le PEA : encore valable pour les boursiers actifs...

Le PEA : encore valable pour les boursiers actifs...

par Jean-Michel Vandenberg

Le PEA défiscalise un portefeuille boursier. Mais aujourd'hui, il n'est plus conseillé à tous. Mieux vaut de préférence l'utiliser en complément d'un compte-titres ou d'une assurance-vie.
Même si le PEA est distribué à "monsieur toutlemonde", son mode d'utilisation est assez subtil, pour ne pas dire complexe. Il n'empêche, lorsque la Bourse retrouvera le chemin des profits, cette enveloppe fiscale fera à nouveau des merveilles, étant réputée pour constituer un bon outil de gestion d'un portefeuille boursier performant. Elle procure effectivement plus d'avantages fiscaux à son détenteur qu'un simple compte-titres.
L'intérêt premier du PEA est de permettre à l'épargnant d'éviter l'imposition sur les plus-values, quel que soit leur montant, une fois que le plan est ouvert depuis cinq ans. Seuls les 11 % de prélèvements sociaux doivent cependant être payés. De plus, les dividendes versés pour des actions détenues en PEA ne supportent pas l'impôt, contrairement à ceux qui sont versés pour les valeurs placées sur un compte-titres.
Enfin, le PEA constitue une aubaine pour les gros contribuables à même d'actionner le bouclier fiscal : puisqu'il s'agit d'une enveloppe de capitalisation, les revenus et les plus-values générées par les actifs du PEA ne sont pas distribués. Ils ne constituent pas des revenus au sens du bouclier fiscal et du plafonnement de l'ISF tant qu'il n'y a pas de retrait du PEA. De tels avantages fiscaux imposent, en contrepartie, de sacrifier un peu de liberté. Contrairement au compte-titres, le total des versements sur un PEA (obligatoirement effectués en numéraires) est plafonné à 132 000 euros par plan (264 000 pour un couple en cas d'imposition commune). Il n'est cependant pas rare que les actifs des PEA représentent des sommes très importantes. L'explication ! Les gains réalisés sur le PEA lors des reventes de titres ne sont pas considérés comme des versements et peuvent donc être investis en actions... C'est ainsi qu'un PEA peut grossir sans limite. A condition de savoir investir au bon moment quand les valeurs ont subi des corrections importantes...
Le PEA n'est pourtant pas la panacée pour miser sur la Bourse, pénalisé au regard d'autres formules de placements par plusieurs inconvénients. D'abord, il ne permet pas d'imputer les moins-values boursières qu'il enregistre sur celles d'un compte-titres.
L'exonération d'impôt sur les plus-values impose d'effectuer des retraits sur un plan ouvert depuis cinq ans au moins. Retirer prématurément des sommes peut être fiscalement douloureux. En plus d'imposer la clôture du plan, les retraits effectués moins de deux ans après l'ouverture du PEA provoquent une imposition au taux de 22 ,5 %, plus 11 % de prélèvements sociaux. L'épargnant a d'autant plus intérêt à être attentif à ce détail qu'il ne peut pas, en ce cas opter pour le régime normal d'imposition de 29 % au total. Mais pour apprécier le délai de cinq ans, c'est la date d'ouverture du PEA qui compte et non la date effective de chaque versement.
Le premier réflexe de l'épargnant devrait donc être d'ouvrir un PEA avec un versement modique pour bénéficier le plus vite possible d'une antériorité fiscale optimale, en se méfiant tout de même d'éventuels frais annuels de tenue de compte inactif.
La loi récompense la patience : si aucun retrait n'a été fait sur le PEA pendant huit ans, ceux qui sont effectués par la suite n'entraînent plus la cloture du plan. Celui-ci permet même de sortir en rente viagère totalement exonérée d'impôt sur le revenu, toujours si le PEA a plus de huit ans. La sortie en rente d'une assurance-vie n'offre pas des conditions aussi intéressantes.
Point faible du PEA par rapport à l'assurance-vie multisupport : les liquidités dégagées au moment de cessions d'actions ne sont pas rémunérées, ce qui rend ce produit contre-productif pour les investisseurs frileux qui affectionnent généralement le fonds garanti du contrat d'assurance-vie. Les Sicav monétairse ne sont pas éligibles au PEA ; les investisseurs qui se désengagent des actions lors des périodes boursières chahutées, même si ce n'est pas conseillé, ne peuvent donc pas rémunérer leurs liquidités.
Autre handicap : les titres boursiers éligibles au PEA sont limités et doivent obligatoirement être européens. Les titres non cotés sont également les bienvenus. D'autres actifs ne peuvent figurer sur le PEA que dans des conditions restreintes. Ainsi, il n'est pas permis, sous peine de clôture du plan, de détenir ou d'avoir détenu au cours des cinq années précedentes plus de 25 % de titres d'une même entreprise, par l'intermédiaire de son groupe familial (conjoint, ascendants et descendants du titulaire du plan). D'autres actifs sont enfin totalement prohibés comme les parts de SCI ou les titres acquis dans le cadre de stock-options.
En conclusion, pour un boursier profane, mieux vaut privilégier les formules d'investissements programmées proposées par les banques. Pour être sûr de s'y retrouver financièrement... tôt ou tard !

jeudi, 25 septembre 2008

"Docteur Catastrophe", l'homme qui avait prédit la crise

"Docteur Catastrophe" l'homme qui avait prédit la crise
par Jean-Michel Vandenberg

Il a été le premier économiste à prévoir, dès novembre 2007, un effondrement du crédit et un krach majeur du système financier, ainsi que l'entrée en récession de l'économie américaine. Le "New York Times" l'a récemment surnommé "Dr Doom" (docteur Catastrophe). Force est de constater que certaines de ses prédictions, notamment sur la crise du modèle des banques d'investissement, se sont révélées pertinentes. Professeur à la Stern School of Business de New York University, ancien condisciple de l'économiste américain Jeffrey Sachs, Nouriel Roubini, cinquante ans, s'est forgé une solide réputation de spécialiste des bulles spéculatives et de l'anticipation des mouvements récessifs sur la base de l'étude de modèles mathématiques et d'analogies historiques.
Né à Istambul de parents iraniens, élevé en Italie et diplômé de Harvard, cet intellectuel atypique, qui ignore la langue de bois et habite dans un loft dans le quartier branché de TriBeCa à New York, aime à se présenter comme un "nomade global". Son blog d'économiste est aujourd'hui l'un des plus consultés dans les milieux académiques. Ancien conseiller au Trésor sous l'administration Clinton, il ne cache pas ses sympathies pour le clan démocrate, même s'il ne figure pas dans le cercle des experts attitrés de Barack Obama dans la campagne.

lundi, 22 septembre 2008

COOPERATIVES l'Agrobusiness

COOPERATIVES  l'Agrobusiness

par Jean-Michel Vandenberg

Des marques made in coop :
Beghin say, Yoplait, Candia, Paysan breton, Prince de Bretagne, Regilait, D'Aucy, Richemonts, Monfort, Banette, Nicolas Feuillatte, Francine, Daddy, Vilmorin, Clause, Jacquet, Even, Mamie Nova, Delpeyrat, Ebly...


La coopération agricole, c'est un peu comme la tectonique des plaques. Quand un élément se met à bouger, il entraîne tous les autres dans un mouvement en cascade. Depuis quelques mois, l'activité sismique du secteur atteint des sommets ! Après une première vague de concentration dans les années 1997-2002, le rythme des opérations s'est accéléré en 2007 et devrait culminer en 2008. InVivo, Terrens, Coopagri, Unicopa, Cooperl, Champagne Cereales, Cecab, Agrial ou Sodiaal, tous les grands noms ont réalisé une ou lusieurs opérations stratégiques ces derniers mois. Et ce n'est pas fini.
L'agitation gagne toutes les filières. Y compris l'abattage de bovins et de porcins, réputé pour son inertie, et dont les cartes ont été complètement rebattues en quelques semaines.

TERRENA
Née en 2003, de la fusion un peu contre nature, de la Cana d'Ancenis et de la Caval d'Angers, Terrena a frappé deux grands coups cet été. D'abord, la reprise par sa filiale Gastronome de la branche volailles d'Unicopa, ce qui va chatouiller les ergots du leader LDC. Ensuite, l'union de sa branche porcine avec celle d'Unicopa. Ces opérations constituent sans doute le prélude à d'autres rapprochements. Une union de sa branche laitière avec celle d'Even et de Coopagri transformerait Terrena en un nouveau géant du lait...

InVivo
La Bourse de Chicago, les terres noires de l'Ukraine, le marché égyptien...au siège d'Invivo, on a un oeil partout. La plus grosse union de coopératives végétales en France (3,6 milliards d'euros de CA) collecte et commercialise 6 millions de tonnes de grains chaque année. Semences, agrofournitures, distribution spécialisée (Gammvert)... elle est présente partout. Dernier coup d'éclat : la fusion, cet été, de ses activités alimentation animale (conseil de nutrition en élevage) avec Evialis (760 millions de CA)

CHAMPAGNE CEREALES
Les buveurs de bière américains n'ont pas fini de s'étrangler ! Le belge InBev Stella Artois a racheté l'icône Budweiser, et c'est une coopérative française, Champagne Céréales, qui vient de s'offrir, via sa filiale Malteutrop, les malteries du géant américain de l'agrobusiness Archer Daniels Midland (ADM). Champagne Céréales (1 milliard d'euros de CA) devient ainsi le leader mondial du malt de brasserie avec un peu plus de 10 % du marché.

TEREOS
Les 12 000 coopérateurs betteraviers de Tereos ont du flair. Ils ont anticipé les évolutions du régime sucrier européen et compris que ce dernier n'assurerait plus à lui seul leur avenir. D'où une politique active de croissance à l'international (Brésil, pays de l'Est, Afrique) mais aussi des investissements soutenus dans la filiale bioéthanol, dont il est l'un des leaders européens, et le rachat avec Roquette de la branche amidon de l'anglais Tate&Lyle. Seul problème de Tereos, son endettement.

 

mercredi, 06 août 2008

REFORME DES RETRAITES 7 VERITES

REFORME DES  RETRAITES   7 VERITES

La crise de confiance emballe le système.
Illisible, plus personne ne sait quels seront ses droits à retraite, tellement le système est complexe.

Le taux d'activité est le maillon faible :
Dans notre système contributif, plus il y a de salariés et plus ils sont payés, plus les cotisations sont au rendez-vous. Problème, le taux d'activité des 15-64 ans n'a cessé de baisser. Selon l'INSEE, il est passé de 83,9 % en 1975 à 74,8 % en 2006.

La retraite à 60 ans sera bientôt une coquille vide :
La retraite a 60 ans est en effet considérée comme un acquis social en France. Même si tous nos voisins européens y ont renoncé les uns après les autres !

Le taux de remplacement est un indicateur trompeur :
Il s'agit du rapport entre la première pension de retraite et le dernier revenu touché avant le départ, par exemple le dernier salaire versé. Il va sensiblement baisser au fil des années, quelles que soient les hypothèses entrenues. C'est inquiétant mais inévitable !

Les vraies injustices sont intouchables :
A l'automne dernier, la réforme des régimes spéciaux ne pouvait pas échouer. Elle avait un allié de taille, l'équité entre les actifs. Mais cette réforme, c'est l'arbre qui cache une forêt d'incohérence. Des dizaines de régimes différents subsistent en France et, dans un système par répartition, c'est un vrai problème.

L'Agirc et l'Arrco sont aussi menacés :
Pour un salarié non cadre, la complémentaire obligatoire Arrco représente environ 30 % de sa future pension. Si l'on ajoute pour un cadre la complémentaire Agirc, c'est presque les deux tiers !
En 1997, le rendement de l'Arrco était de 8,07 % pour tomber à 6,63 % en 2008. Dans le même temps, on est passé pour l'Agirc de 8,44 % à 6,74 % ! Sans oublier que les actifs cotisent à hauteur de 125 % pour toucher des points de retraite sur 100 % de la cotisation seulement !

La capitalisation ne sera pas épargnée :
La capitalisation est bien une solution pour se préparer un complément de revenus, à condition de dire aux personnes prêtes à s'engager la réalité de ce qu'ils peuvent en attendre. Et de les mettre en garde sur le fonctionnement des produits.

Jean-Michel Vandenberg

mercredi, 02 juillet 2008

CAISSE D'EPARGNE condamnée pour son défaut d'information

CAISSE D'EPARGNE condamnée pour son défaut d'information

Bonne nouvelle pour les épargnants. Les banques ne pourront plus vanter les gains potentiels d'un placement sans souligner les risques de perte. La Cour de Cassation a donné raison à une cliente de la Caisse d'Epargne d'Ile de France qui se plaignait d'avoir perdu une partie de ses économies investies en 2000 Eucureuil Europe 2004, un fonds commun de placement investi en Bourse.
La plaquette commerciale affirmait : "Vous n'avez pas à vous inquiéter des évolutions des marchés financiers". Le document ne mentionnait absolument pas le risque de perte.

La Caisse d'Epargne avait gagné en appel en octobre 2006 en invoquant la notice visée par la Commission des opérations de Bourse (COB), qui signalait ce risque.

La Cour de cassation n'a pas retenu l'argument. "La publicité doit être cohérente avec l'investissement propsé et mentionner les caractéristiques les minimum favorables et les risques qui peuvent être le corollaire des avantages énoncés."

Elle renvoie donc les deux parties devant la cour d'appel de Paris pour un nouveau jugement. Si, comme c'est trés souvent le cas, elle reprend les arguments de la Cour de cassation, la jurisprudence se retournera alors en faveur des épargnants.

      Jean-Michel Vandenberg

jeudi, 26 juin 2008

PETROLE Mode d'emploi

PETROLE Mode d'emploi
                                          Jean-Michel Vandenberg


Comme toute marchandise, le prix du pétrole dépend dans un marché libéral de l'offre et de la demande et de leur évolution l'une par rapport à l'autre.

L'offre
Elle subit une double contrainte : l'existence de réserves limitées et la capacité à extraire puis acheminer le pétrole.
L'estimation des réserves de pétrole n'est pas un exercice évident, celles-ci se répartissant en réserves prouvées (celles qui ont été physiquement identifiées et qui ont 95 % de chances de pouvoir être exploitées), en probables et possibles qui ont respectivement 50 % et 5 % de chances de pouvoir être exploitées. A l'heure actuelle, seules les réserves prouvées font l'objet d'un consensus de la part des experts, elles représenteraient quarante ans de consommation ( à consommation et extraction constante, soit 1 200 milliards de barils ). L'évolution des réserves probables et possibles dépendra alors fortement des progrès techniques permettant, outre l'extraction de pétrole à de plus grandes profondeurs, le raffinage du pétrole provenant de sources non conventionnelles (huiles lourdes et sables bitumineux par exemple).
Ainsi, l'augmentation du prix du pétrole a un effet positif sur l'offre en rendant possible ( car rentable ) l'exploitation de ressources pétrolières qui n'étaient pas exploitables avec un baril moins cher.
Depuis le début du XXe siècle, la production de pétrole a conu une croissance exponentielle, portée par la découverte de nouveaux gisements et par l'amélioration des moyens d'extraction. Toutefois, depuis 10 ans, cette hausse a été beaucoup plus limitée. Les prévisions concernant la production de pétrole à venir se concentrent sur la détermination du pic de production, le fameux pic de Hubert dont on nous promet l'avènement depuis trente ans. D'après les connaissances actuelles, ce pic devrait se produire entre 2020 et 2040 ? Une fois atteint, la production de pétrole commencerait son déclin, entraînant une tension toujours plus forte sur le marché à demande constante ou supérieure.


La demande
Celle-ci est bien évidemment en forte hausse. La consommation se répartit de la façon suivante : les transports sont responsables d'environ 50 % de la consommation de pétrole contre 10 % pour le résidentiel et 15 % pour l'industrie.

Ainsi, toute augmentation de l'activité économique ayant naturellement une influence positive sur la consommation en pétrole de l'industrie, la croissance des payx émergents et l'augmentation de leurs capacités industrielles pousse à la hausse le prix du baril.
Cependant, le plus gros consommateur de pétrole reste le Transport. On distingue au sein des Transports, les transports aériens (6 % de la consommation mondiale), maritimes (5 %) et routiers (41 %). Toute augmentation de la richesse des individus ainsi que l'augmentation des échanges internationaux entrainent donc une augmentation de la consommation de transports? Lorsque l'on sait qu'il y a aujourd'hui un peu plus de 500 millions de véhicules en circulation dans le monde et que les experts prévoient un doublement de ce nombre dans vingt ans, on imagine bien l'évolution de la demande future en pétrole si le mode de propulsion des véhicules n'évolue pas d'ici là.
Les perspectives économiques ont donc un aspect considérable sur la consommation de pétrole. Bien que les perspectives à court terme ne soient pas très favorables pour les pays occidentaux, la croissance record enregistrée dans les pays émergents (Chine bien sûr, mais aussi Inde et brésil) a un efet important sur la demande.
Les différents facteurs et données énoncés ci-dessus nous pousseraient donc à croire à une hausse du pétrole dans l'avenir, scénario déjà relayé par certaines banques et même par le président de l'OPEP qui voient le pétrole à plus de 200 USD. Il faudra, toutefois, avant de se constituer un scénario de marché, toujours avoir un regard critique quant aux données relatives au pétrole. Par exemple, si nous prenons le cas des réserves de pétrole des pays producteurs, on se rend compte que depuis trente ans elles restent stables, leur exploitation étant compensée par la hausse des réserves exploitables. Néanmoins, il faut savoir que les réserves de pétrole sont déclarées par les pays producteurs à leur entière discrétion...

14:55 Publié dans Bourséco | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : pétrole, marché

mercredi, 25 juin 2008

Wendel : l'AMF ouvre une enquête

Wendel : L'AMF ouvre une enquête

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a lancé il y a quelques semaines une enquête sur Wendel. Le gendarme de la Bourse s'intéresserait aux conditions dans lesquelles Wendel est monté au capital de Saint-Gobain. Wendel aurait acheté des titres Saint-Gobain bien avant de le déclarer officiellement en septembre 2007. L'AMF cherche donc à vérifier que la société d'investissement a bien respecté la règlementation, en déclarant correctement ses franchissements de seuils de 5 % et 10 % dans le capital de Saint-Gobain.

L'AMF, sans avoir ouvert officiellement d'enquête, étudierait aussi en détail le plan d'intéressement qui a permis l'an dernier à Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance, à Jean Bernard Lafonta, président du directoire, ainsi qu'à une vingtaine d'autres cadres dirigeants de Wendel d'acquérir 4,5 % du capital.
Ce montage intéresse également la justice, via la plainte déposée par Sophie Boegner, actionnaire familial.

Au delà de ces procédures, ce plan d'intéressement des managers de Wendel a relancé le débat sur la rémunération des dirigeants. Au point que le dossier Wendel serait suivi de près par l'Elysée. Reçu par le Medef, le président de la République, s'il n'a pas caché son soutien aux patrons français, a précisé qu'il ne tolérerait pas n'importe quelle pratique.

Une autre affaire est également suivie dans ce sens : les dirigeants de Converteam, dans le cadre d'un LBO, devraient toucher 700 millions d'euros. Le gouvernement étudie le moyen d'inciter les dirigeants et les fonds d'investissement à partager plus équitablement entre tous les salariés les plus-values dégagées par les LBO. Des annonces sont attendues cet automne.

       Jean-Michel Vandenberg

lundi, 23 juin 2008

Une pépite à saisir : l'emprunt VEOLIA Inflation

De la même manière qu'il existe des OATi, c'est-à-dire des emprunts d'Etat indexés sur l'inflation, le groupe Véolia Environnement a lancé un emprunt également indexé sur la hausse du coût de la vie. A la différence des OATi, dont le coupon et le prix de remboursement sont tous deux indexés, dans le cas de cet emprunt, l'ajustement se fait par une indexation du prix de remboursement à l'échéance qui interviendra en juin 2015. Le taux du coupon est fixé à 1,75 %, mais, en raison des relèvements du prix de remboursement déjà effectués, l'investisseur peut compter sur un taux actuariel à 3,60 %. Celui-ci peut paraître faible, cependant, il s'explique par le fait que son porteur est assuré de ne subir aucune perte en capital liée à l'érosion monétaire au moment de la revente.

Le prix de remboursement est indexé sur l'indice IPCH des prix à la consommation dans la zone euro. 600 millions d'euros ont été émis en juin 1995 et 275 millions ont été levés aux mêmes conditions en avril dernier.
Un seul problème : les volumes de transactions sont faibles sur cet emprunt, car il est très recherché par les investisseurs institutionnels, qui le conservent jalousement en portefeuille. Pour y avoir accès, il faut s'armer de patience et passer des ordres à cours limité.

    Jean-Michel Vandenberg 

BOLLORE HAVAS IPSOS

BOLLORE HAVAS IPSOS

                       par Jean-Michel Vandenberg

Bolloré a annoncé son intention de prendre le contrôle de l'institut CSA, une nouvelle étape dans la consolidation du secteur des études, déjà marqué par la mégafusion GfK-TNS. Il a également fait savoir qu'Havas devrait prendre part à la consolidation de ce marché. IPSOS est à vendre ...

PLASTIVALOIRE un titre spéculatif injustement décoté

Qu'il serait tentant de prendre ses bénéfices que Plastivaloire après son rallye de cette semaine ! Pourtant, le titre reste encore à un cours d'achat attrayant !

Le plasturgiste se négocie tout juste 6 fois notre estimation de résultat net 2007/2008 (11 millions d'euros) et sa valeur d'entreprise représente 4 fois son résultat d'exploitation prévisionnel (19,5 millions). A titre de comparaison, le PER 208 de Plastic Omnium ressort à 9 fois tandis que que sa valeur d'entreprise atteint plus de 9 fois son résultat opérationnel.

Une décote en partie justifiée par la petite taille de Plastivaloire, mais néanmoins excessive au regard de la rentabilité, deux fois plus élevée que celle de Plastic Omnium et, d'ailleurs, de la moyenne du secteur, qui ne dépasse pas 5 %.

Autre atout qui plaide en faveur d'une poursuite du rebond boursier, son solide bilan. Avec un endettement limité à 11 % des fonds propres, l'équipementier a les moyens d'accroître encore sa taille afin de mieux résister à la pression des prix et aux variations de cycle. Car, malgré la diversité de son portefeuille clients, Plastivaloire reste très dépendant des secteurs de l'automobile et de la TV-vidéo avec lesquels il réalise 70 % de ses ventes, loin devant l'électroménager ou l'outillage.

Les dirigeants n'excluent pas la possibilité de réaliser une acquisition. C'est peut-être dans cette perspective que le groupe a racheté 7 % de son capital depuis le début de l'année. A moins que les actions détenues ainsi en autocontrôle ne soient destinées à être annulées. De quoi renforcer la mainmise sur le capital (56 % du capital et 71 % des droits de vote) de la famile Findeling. Cette dernière pourrait également être tentée de céder l'affaire au plus offrant.

Une telle opération pourrait alors offrir une porte de sortie attrayante pour les minoritaires, dans la mesure où le titre décote plus de 40 % par rapport aux fonds propres.

                                      Jean-Michel Vandenberg

 

 

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