jeudi, 18 décembre 2008

Reprise en vue avant la fin 2009

par Jean-Michel Vandenberg

Comme en 1929, la crise actuelle trouve son origine dans un excès de crédits. C'est d'ailleurs le cas de la plupart des crises. Mais la comparaison s'arrête là : lors de la crise des années vingt, l'excès de crédits avait alimenté un spéculation boursière effrénée. Ces dernières années, il s'est essentiellement déversé sur le marché immobilier. Il n'y a pas eu d'excès boursier mais il s'est ajouté le choc pétrolier du premier semestre 2008, tandis que le mécanisme de la titrisation a aggravé la crise. Par ailleurs, l'attitude des gouvernements est à l'oppposé de ce que l'on a pû observer en 1929, à savoir à l'époque une réaction très forte de protectionnisme dans un contexte d'entre deux-guerres.
Aujourd'hui, une grande réactivité et une certaine unité se manifestent, symbolisées par la récente réunion du G20, qui a rassemblé les trois quarts de la planète, unanimes pour préserver la liberté des échanges. Enfin, les mesures de soutien au système bancaire ont été rapides, fortes et bonnes dans leur ensemble. La faillite de Lehman Brothers a révélé une situation de risque plus qu'elle ne l'a causée. Elle aura, au final, permis aux Etats de prendre conscience de la nécessité de mesures fortes.
Il faut s'attendre à une croissance négative en 2009 dans les pays occidentaux et à un très fort ralentissement dans les pays émergents, voire une récession dans certains pays. En Occident, notamment aux Etats-Unis, on observe un fort décrochage de la consommation et un recul de l'investissement, ce dernier marquant traditionnellement la phase intense de la récession. Cependant, si la crise est brutale, des facteurs positifs se mettent déjà en place : chute du cours du pétrole, baisse spectaculaire de l'inflation, retour - certes encore progressif - de l'accès aux liquidités centrales. Un rebond de l'économie s'amorcera avant fin 2009, ce qui sera alors favorable aux marchés boursiers. Ce rebond dépendra essentiellement du mouvement de déstockage durant la période de récession : si ce mouvement est très fort, il entraînera une période de reconstitution des stocks, donnant le coup d'envoi au retour de la croissance.
Le rebond débouchera sur une phase de croissance molle. En cela, le scénario s'annonce comparable à celui des dernières crises : en 1991 comme en 2001, l'économie a connu une récession, puis elle a mis du temps à remonter la pente. A l'inverse, la récession de 1974 avait été sévère, et le rebond par la suite avait été violent.
Les récessions récentes sont ainsi moins fortes que par le passé, car nos économies moins dépendantes de l'industrie et davantage des services, les ajustements de stocks sont moins brutaux.
La reprise à venir sera freinée par la nécessité de reconstruire les bilans des sociétés, ce qui va peser sur l'investissement. Le taux d'endettement est remonté à un point haut, bien au dessus de 2001 : la dette totale des entreprises, rapportées au PIB, s'élève à 75 % en France. Le facteur déterminant sera également les politiques budgétaires menées par les Etats : tout excès de dépenses se paiera par une reprise plus faible, car il faudra résorber les déficits. Il convient donc de s'en tenir à des crédits ciblés aux secteurs qui connaissent une mauvaise passe.
Les entreprises, petites ou grandes, ayant d'énormes difficultés pour se financer aux taux actuels, l'Etat doit les aider temporairement à trouver des capitaux qu'elles rembourseront après la reprise. De façon plus générale, il faut surtout concentrer l'effort pour que l'épargne longue des institutionnels revienne vers le financement des entreprises. C'est le meilleur plan de relance !

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