mardi, 09 décembre 2008

Analyse de conjoncture Decembre 2008

par Jean-Michel Vandenberg

L'année 2008 n'est pas encore terminée et pourtant on peut dire sans trop se mouiller que pour l'instant il s'agit tout simplement de la pire année sur le CAC40 depuis qu'il existe. En effet, le CAC 40 perd aujourd'hui 44 % depuis le début de l'année. Il a déjà été plus bas cette année et on peut certainement miser sur le fait qu'il le sera encore d'ici à la Saint-Sylvestre...
Si l'on compare la performance du CAC 40 cette année à 2001 (- 21 %), ou pire encore 2002 ( - 32 %), il faudrait que l'indice phare de la Bourse de Paris clôture cette année à 3774 points pour égaler la contre-performance de 2002. Si l'on a pu voir le célèbre rallye de fin d'année après l'éclatement de la bulle Internet, le 11 septembre ou la guerre en Irak, il n'est pas certain qu'on puisse y assister cette année. Malgré les baisses des taux directeurs des banques centrales et l'élargissement de la mission de la BCE au-delà du simple contrôle de l'inflation, les marchés sont toujours pessimistes pour l'instant. L'effet Obama n'a eu qu'un très faible impact sur les marchés et la récente réunion du G20 a accouché d'une souris. Une très petite souris pour être très clair.
Que peut-on donc raisonnablement attendre de la fin d'année ?
Si rallye de fin d'année il doit y avoir en 2008, celui-ci ne sera de toute façon pas trés long. Pour autant, les gérants et autres investisseurs professionnels sont tous très attachés à la valorisation de leurs portefeuilles d'actifs à la fin de l'année, celle-ci témoignant de leur performance sur l'année. Un rebond n'est donc pas à exclure.
Cependant, c'est en 2009 que l'on entrera dans le vif du sujet. En effet, en janvier l'équipe Obama s'installera à la Maison-Blanche et pourra commencer à mettre en oeuvre des mesures attendues et rompre ainsi avec les actions a posteriori de ces derniers mois. Le mal dans l'économie américaine est profond et structurel et il faudra nécessairement y remédier par des réformes. Cependant, de nombreux investisseurs ont toujours foi dans la capacité du géant américain à se relever, malgré les nouvelles difficultés qui planent notamment sur son industrie automobile. On constate ainsi que, depuis septembre, la Chine est devenue le premier détenteur au monde (devant le Japon) de bons du Trésor US, pour un total de près de 600 milliards de dollars. Certes, le pays est contraint de faire cause commune avec les Etats-Unis dans la gestion de la crise, mais on peut y voir un regain de confiance dans l'économie de l'Oncle Sam.