mercredi, 03 décembre 2008

Lars Olofsson, un industriel pour réinventer Carrefour

Lars Olofsson, un industriel pour réinventer Carrefour

par Jean-Michel Vandenberg

C'est une surprise. On savait depuis l'été que les grands actionnaires de Carrefour cherchaient à remplacer l'Espagnol José Luis Duran, le patron du numéro 2 de la distribution. Mais l'arrivée d'un industriel, issu du numéro 1 mondial de l'agroalimentaire, Nestlé, a étonné. Le Suédois Lars OLofsson, 56 ans, vice-président exécutif de Nestlé, en charge du marketing et des ventes, prendra ses fonctions le 2 janvier 2009. Une belle revanche pour ce manager francophone qui avait échoué de peu, en avril, à la succession de Peter Brabeck à la tête de Nestlé. Un groupe où Lars Olofsson a réalisé la quasi-totalité de sa carrière. Il y entre en 1976 en tant que chef de produits, passe par la direction de Findus France, puis devient successivement le patron de Nestlé France en 1997, puis de la zone Europe en 2001. Son arrivée à la tête de Carrefour intervient dans une période d'incertitudes pour le distributeur, deux ans et demi après une révolution au capital, avec l'arrivée du fonds d'investissement Colony Capital et de LVMH, regroupés dans Blue Capital. La marge de manoeuvre de ce chevalier de la Légion d'honneur et du Mérite agricole est étroite. Il aura, en peu de temps, à réinventer un modèle d'organisation et de gestion des ressources humaines et à écrire un projet stratégique clair. Alors que l'énorme chantier de changement d'enseigne des supermarchés Champion en Carrefour Market est commencé, Lars Olafsson devra s'atteler à l'épineux problème de l'immobilier. Carrefour Propertry, qui possède 60 % des actifs du groupe, représentant 14 milliards d'euros en France, en Espagne et en Italie, sera-t-elle finalement cédée ? Pas simple dans le contexte financier actuel. Au final, de lourdes décisions stratégiques au moment où la consommation mondiale s'érode dans les pays émergents et recule en Europe. "Ce serait dramatique pour Carrefour si Lars Olofsson échouait", souligne un observateur. Blue Capital, qui a vu la valeur du groupe fondre de 45 % depuis début janvier, optera-t-il alors pour la vente par appartement ? Une stratégie déjà mise en oeuvre dans l'industrie et qui pourrait s'appliquer pour la première fois à un géant de la distribution. Mais Lars Olofsson n'est sans doute pas venu pour cela.

 

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