samedi, 29 novembre 2008
ENERGIE Le soleil eclipse le vent
ENERGIE Le soleil eclipse le vent
par Jean-Michel Vandenberg
La filière de l'énergie éolienne française a du plomb dans l'aile. Le coup est parti de l'Institut Montaigne, club de réflexion influent fondé par Claude Bébéar, président d'honneur de l'assureur Axa. Au cours d'un débat organisé par l'Institut le 12 novembre, l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing et Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, ont l'un et l'autre tiré à boulets rouges sur le plan national de développement de l'énergie éolienne qui vise à porter la capacité installée dans le pays à 25 GW d'ici à 2020, soit une multiplication par 10 de la puissance du parc. Anne Lauvergeon a indiqué avoir reçu plus de lettres de gens mécontents des activités éoliennes que des activités nucléaires et en a tiré des conséquences simples : arrêt des activités éoliennes sur terre et développement en mer.
Pour sa part, l'ancien chef de l'Etat juge que les éoliennes représentent une option inutile et trop coûteuse pour la politique énergétique de la France. A l'appui de ses propos, une étude menée par l'Institut Montaigne montrant que la réalisation des objectifs du Grenelle de l'environnement en matière de coûts d'énergie éolienne induirait un surcoût annuel de l'ordre de 2 à 3 milliards d'euros par rapport au coût de l'énergie nucléaire notamment. En effet, l'argument principal des opposants à l'éolien repose sur le fait que déjà, grâce au nucléaire et à l'hydraulique, 90 % de la production d'électricité en France n'émettent pas de gaz carbonique. Alors pourquoi subventionner à grands frais de nouvelles capacités de production qui ne pourront pas, de toute façon, se substituer aux capacités thermiques polluantes mais indispensables en période de pointe de consommation ? Tout simplement parce que la France s'est engagée auprès de la Commission européenne à atteindre d'ici à 2020 l'objectif de 20 % d'énergies renouvelables dans sa consommation énergétique. Et que le nucléaire, source d'énergie non carbonée, ne fait pas partie des énergies renouvelables.
L'erreur, c'est que la délégation française à Bruxelles a accepté des objectifs fixés en termes d'énergies renouvelables et non pas en termes d'énergies non polluantes.
Bien sûr, si les calculs et les conclusions de l'étude de l'Institut Montaigne ont été contestés par le syndicat des énergies renouvelables (SER), ils constituent néanmoins l'avant-garde d'un véritable travail de sape anti-éolien. Les riverains opposants aux projets de fermes éoliennes qu'ils considérent bruyantes et portant atteinte au paysage, trouvent là un appui inattendu venant de Paris. Par ailleurs, la crise financière et le creusement des déficits publics pourraient inciter le gouvernement à revoir sa coûteuse politique en faveur de l'éolien. D'autant que l'argument du soutien à une filière industrielle française presque inexistante ne tient pas.
Bref, au delà du discours en faveur de l'éolien, c'est bien le solaire photovoltaïque qui sortira gagnant du Grenelle de l'environnement.
Sur ce terrain, la France a encore une carte à jouer sur le plan industriel bien que l'Allemagne, le Japon et les Etats-Unis aient pris une longueur d'avance. Les rendements des cellules solaires ne dépassent pas 20 % alors que, en théorie, ils peuvent atteindre 84 % au maximum. Tout reste à faire. Ainsi, la puissance installée en France devrait passer de 13 MW fin 2007 à 5 400 MW en 2020.
En Bourse, les trois spécialistes des énergies renouvelables ont déjà senti le vent tourner. EDF EN, fililale d'EDF, s'est solidement ancré aux Etats-Unis où le potentiel dans l'éolien est bien supérieur à celui de la France. Théolia réalise l'essentiel de son activité en Allemagne. enfin, Séchilienne-Sidec a réduit la voilure dans l'éolien pour porter son effort sur le solaire photovoltaïque. donnant raison à VGE "l'avenir n'est pas dans le vent."
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jeudi, 27 novembre 2008
Le PEA : encore valable pour les boursiers actifs...
Le PEA : encore valable pour les boursiers actifs...
par Jean-Michel Vandenberg
Le PEA défiscalise un portefeuille boursier. Mais aujourd'hui, il n'est plus conseillé à tous. Mieux vaut de préférence l'utiliser en complément d'un compte-titres ou d'une assurance-vie.
Même si le PEA est distribué à "monsieur toutlemonde", son mode d'utilisation est assez subtil, pour ne pas dire complexe. Il n'empêche, lorsque la Bourse retrouvera le chemin des profits, cette enveloppe fiscale fera à nouveau des merveilles, étant réputée pour constituer un bon outil de gestion d'un portefeuille boursier performant. Elle procure effectivement plus d'avantages fiscaux à son détenteur qu'un simple compte-titres.
L'intérêt premier du PEA est de permettre à l'épargnant d'éviter l'imposition sur les plus-values, quel que soit leur montant, une fois que le plan est ouvert depuis cinq ans. Seuls les 11 % de prélèvements sociaux doivent cependant être payés. De plus, les dividendes versés pour des actions détenues en PEA ne supportent pas l'impôt, contrairement à ceux qui sont versés pour les valeurs placées sur un compte-titres.
Enfin, le PEA constitue une aubaine pour les gros contribuables à même d'actionner le bouclier fiscal : puisqu'il s'agit d'une enveloppe de capitalisation, les revenus et les plus-values générées par les actifs du PEA ne sont pas distribués. Ils ne constituent pas des revenus au sens du bouclier fiscal et du plafonnement de l'ISF tant qu'il n'y a pas de retrait du PEA. De tels avantages fiscaux imposent, en contrepartie, de sacrifier un peu de liberté. Contrairement au compte-titres, le total des versements sur un PEA (obligatoirement effectués en numéraires) est plafonné à 132 000 euros par plan (264 000 pour un couple en cas d'imposition commune). Il n'est cependant pas rare que les actifs des PEA représentent des sommes très importantes. L'explication ! Les gains réalisés sur le PEA lors des reventes de titres ne sont pas considérés comme des versements et peuvent donc être investis en actions... C'est ainsi qu'un PEA peut grossir sans limite. A condition de savoir investir au bon moment quand les valeurs ont subi des corrections importantes...
Le PEA n'est pourtant pas la panacée pour miser sur la Bourse, pénalisé au regard d'autres formules de placements par plusieurs inconvénients. D'abord, il ne permet pas d'imputer les moins-values boursières qu'il enregistre sur celles d'un compte-titres.
L'exonération d'impôt sur les plus-values impose d'effectuer des retraits sur un plan ouvert depuis cinq ans au moins. Retirer prématurément des sommes peut être fiscalement douloureux. En plus d'imposer la clôture du plan, les retraits effectués moins de deux ans après l'ouverture du PEA provoquent une imposition au taux de 22 ,5 %, plus 11 % de prélèvements sociaux. L'épargnant a d'autant plus intérêt à être attentif à ce détail qu'il ne peut pas, en ce cas opter pour le régime normal d'imposition de 29 % au total. Mais pour apprécier le délai de cinq ans, c'est la date d'ouverture du PEA qui compte et non la date effective de chaque versement.
Le premier réflexe de l'épargnant devrait donc être d'ouvrir un PEA avec un versement modique pour bénéficier le plus vite possible d'une antériorité fiscale optimale, en se méfiant tout de même d'éventuels frais annuels de tenue de compte inactif.
La loi récompense la patience : si aucun retrait n'a été fait sur le PEA pendant huit ans, ceux qui sont effectués par la suite n'entraînent plus la cloture du plan. Celui-ci permet même de sortir en rente viagère totalement exonérée d'impôt sur le revenu, toujours si le PEA a plus de huit ans. La sortie en rente d'une assurance-vie n'offre pas des conditions aussi intéressantes.
Point faible du PEA par rapport à l'assurance-vie multisupport : les liquidités dégagées au moment de cessions d'actions ne sont pas rémunérées, ce qui rend ce produit contre-productif pour les investisseurs frileux qui affectionnent généralement le fonds garanti du contrat d'assurance-vie. Les Sicav monétairse ne sont pas éligibles au PEA ; les investisseurs qui se désengagent des actions lors des périodes boursières chahutées, même si ce n'est pas conseillé, ne peuvent donc pas rémunérer leurs liquidités.
Autre handicap : les titres boursiers éligibles au PEA sont limités et doivent obligatoirement être européens. Les titres non cotés sont également les bienvenus. D'autres actifs ne peuvent figurer sur le PEA que dans des conditions restreintes. Ainsi, il n'est pas permis, sous peine de clôture du plan, de détenir ou d'avoir détenu au cours des cinq années précedentes plus de 25 % de titres d'une même entreprise, par l'intermédiaire de son groupe familial (conjoint, ascendants et descendants du titulaire du plan). D'autres actifs sont enfin totalement prohibés comme les parts de SCI ou les titres acquis dans le cadre de stock-options.
En conclusion, pour un boursier profane, mieux vaut privilégier les formules d'investissements programmées proposées par les banques. Pour être sûr de s'y retrouver financièrement... tôt ou tard !
11:34 Publié dans Bourséco | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 19 novembre 2008
Nouvelles des groupes français
Nouvelles économiques : grands groupes français
Le Groupe Wendel, précédemment dirigé par Ernest-Antoine Seillière, et classé parmi les junk bonds, voit son Pdg Bernard Lafonta postuler à la Deutsch Bank...
Le patron de Carrefour vient d'être mis à la porte et remplacé par celui de Nestlé.
12:46 Publié dans A la une de Blogactu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Crise : trois scénarios pour l'avenir
Crise : trois scénarios pour l'avenir
par Jean-Michel Vandenberg
Il peut paraître présomptueux de porter le regard vers l'avenir. Le passé récent montre à quel point les enchaînements de la finance peuvent être imprévisibles ! Mais il est néanmoins possible d'explorer quelques pistes pour tenter d'apprécier les forces en jeu. Nous avons retenu ici arbitrairement trois scénarios très typés, qui ne se joueront pas tant à Washington ce week-end du 16 novembre que dans la volonté des uns et des autres au cours des années à venir.
le scénario "dur"
Première piste donc, le scénario "dur", où les pouvoirs publics prennent en main les leviers du pouvoir économique. A l'échelon national, les Etats entrent dans le capital des entreprises en difficulté, nomment des dirigeants, matraquent les gros salaires, freinent les licenciements. Chacun creuse son déficit budgétaire à sa manière - les Anglais en baissant les impôts, les Français en accroissant la dépense publique, les Américains en augmentant les subventions aux plus défavorisés. A l'échelon international, un régulateur financier mondial est créé dans l'orbite de la Banque des règlements internationaux, installée dans une Suisse toujours neutre. Il exerce notamment une forte pression sur les paradis fiscaux. Les pays d'Asie, Chine en tête, acceptent de laisser leurs devises s'apprécier, en échange d'un rôle déterminant dans les institutions financières mondiales rénovées. L'activité repart assez tôt. Mais les comptes des Etats souffrent - des faillites peuvent même se produire. A long terme, les dettes publiques et le corset qui enserre la finance (et les autres activités économiques) plafonnent la croissance.
le scénario "mou"
Deuxième piste, le scénario "mou", où s'instaurent des coordinations informelles sur le modèle du Forum de stabilité financière. Les Etats sont actifs, leurs déficits gonflent, mais ils limitent leurs interventions en se contentant d'éviter les grosses catastrophes. Le chômage monte, le climat social devient tendu, des individus passent à l'action violente. A l'international, régulateurs et Etats ajustent leurs interventions pour renforcer la surveillance tout en incitant fermement les institutions financières à développer des mécanismes de régulation, sous l'oeil attentif d'organisations non gouvernementales comme Actionnaires du Monde ou Vigilance Finance. Le G8 s'efface peu à peu au profit du G20, qui devient un vrai directoire du monde, avec une forte légitimité (deux tiers de la population mondiale, 95 % du PIB). l'activité économique repart plus doucement que dans le scénario "dur", mais plus sûrement. La coordination souple peut s'étendre à d'autres sujets majeurs, comme l'environnement.
le scénario "années 1930"
Troisième piste enfin, le scénario "années 1930". Autrement dit, les pays enclenchent une spirale dépressive en s'enfermant dans leurs problèmes. Au nom de l'intérêt national qui l'emporte sur l'intérêt mondial, chacun soutient ses banques et ses entreprises à sa manière, ce qui fausse la concurrence. La tentation grandit de fermer les frontières. Celle de faire baisser les taux de change pour soutenir les exportations aussi. A côté, les paradis fiscaux s'épanouissent. Ce scénario-là est le plus connu, puisqu'il a déjà été exploré dans les années 1930. Il amène à coup sûr des catastrophes économiques, une production qui dégringole, un chômage qui explose. Il peut aussi déboucher sur la guerre. Cette perspective ne suffit hélas pas à l'exclure. Mais le pire n'est pas le plus probable.
12:31 Publié dans Analyse de conjoncture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 15 novembre 2008
Analyse de conjoncture - novembre 2008
Analyse de conjoncture - novembre 2008
par Jean-Michel Vandenberg
Nous y sommes ! Le FMI prévoit pour les pays développés une des plus fortes récessions de l'après-guerre, avec un recul de 0,7 % aux Etats Unis et de 0,5 % dans la zone euro, ce qui signifie que nous nous dirigeons vers un premier semestre 2009 très difficile. Du côté des entreprises, nous entrons également dans le vif du sujet, avec une forte accélération des avertissements sur les résultats.
Après les constructeurs automobiles (Toyota a tout de même réduit de 60 % ses prévisions de bénéfices annuels), plusieurs grands groupes comme Danone, Hermes International, Adidas et Legrand ont nettement réajusté leurs prévisions pour 2008 et 2009. De leur côté, les dirigeants de Lafarge ont confirmé qu'ils n'étaient plus en mesure de réitérer leurs objectifs de 2010. Certains grands groupes comme Total, Alstom ou Rhodia se sont montrés beaucoup plus confiants sur l'avenir, mais le marché n'est visiblement pas disposé à s'attarder sur les bonnes nouvelles.
Le fait que nous touchions la crise du doigt, avec un impact désormais visible sur les résultats des entreprises, n'est pas necessairement une mauvaise chose. Les boursiers les plus aguerris considèrent à juste titre qu'il vaut mieux faire face à une dure réalité qu'à un fantasme de crise, qui est de loin ce qu'il y a de pire en bourse.
Sans aucune illusion sur l'évolution de la conjoncture pour l'année à venir, les analystes devraient donc accélérer au cours des semaines à venir leur travail de révision à la baisse des résultats des entreprises. Cette période d'ajustement risque de se révéler difficile pour le marché, mais elle devrait rapidemment montrer que, avec un indice CAC 40 qui anticipe désormais une baisse de 35 à 40 % des bénéfices pour 2009, une bonne partie du scénario récessionniste que redoutent les investisseurs est déjà intégré dans les cours.
Il importe malgré tout de rester très prudent, car le marché reste soumis à des phénomènes techniques, comme des ventes forcées d'actions de la part des hedge funds. Ceux-ci se tiennent en effet à l'affût du moindre rebond technique pour céder d'énormes quantités de titres sur le marché pour répondre aux demandes croissantes de rachat de leurs clients. Il n'est donc pas exclu de voir dans les semaines à venir les valeurs européennes revisiter dans un excès de baisse les plus bas niveaux atteints à la mi-octobre.
La profondeur de la crise constitue en effet la grande interrogation du moment. A défaut de visibilité sur le "timing" de la reprise, mieux vaut rester prudent et limiter à 50 % la part des actions en portefeuille. A court terme, outre les placements monétaires et une "poche or" indispensable (10% environ), les fonds spécialisés dans les emprunts privés (dits corporate) émis par des banques ou de grandes entreprises peuvent constituer une alternative rémunératrice (rendements moyens de 6 %), avec des risques limités.
France : 6,4 % de déficit public en 2012 ?
Le déficit public français atteindra dès cette année la limite de 3 % du PIB et progressera à 3,5 % en 2009, selon les prévisions de la Commission européenne. Le gouvernement a annoncé revoir en hausse également sa prévision 2009 de déficit, de 2,7 % à 3,1 % du PIB. En cas de récession, le sénateur Philippe Marini estime que le déficit pourrait déraper jusqu'à 4,3 % du PIB l'an prochain, même sous l'hypothèse d'une évolution maîtrisée des dépense publiques. Il déraperait jusqu'à 6,4 % en 2012 si l'effort de maîtrise des dépenses n'était pas maintenu.
13:25 Publié dans Analyse de conjoncture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 10 novembre 2008
SEB le test de la mondialisation va être crucial
SEB le test de la mondialisation va être crucial
par Jean-Michel Vandenberg
Le parcours boursier de Seb est à l'image du contexte : chaotique. Depuis le début de l'année, le titre a chuté de plus de 40 %. IL vient même de toucher un plus bas annuel, le 27 octobre, à 21,12 euros, plus de deux fois inférieur au plus haut sur deux ans atteint le 22 mai 2007, à 48,15 euros. Le cours de bourse se situe désormais trés en dessous de son niveau de juin 2006, avant que ne s'enclenche l'acquisition du chinois Supor. Autrement dit, la stratégie menée depuis lusieurs années par les dirigeants laisse pour l'heure la Bourse indifférente.
Aujourd'hui, la valeur d'entreprise (capitalisation boursière + dette nette) ne représente que 0,57 fois le chiffre d'affaires attendu cette année. Les fonds propres ressortent à 1,1 milliard d'euros pour une capitalisation boursière de 1,31 milliard d'euros. La valorisation des marques du groupe n'est donc pas prise en compte par le marché. Le titre se négocie à 7,2 fois le résultat net estimé en 2008, contre 13 fois en moyenne au cours des cinq dernières années. Mais la valeur est considérée, à juste titre, comme trés cyclique, et en particulier trés sensible à la consommation des ménages en Europe. Historiquement, lorsque la conjoncture s'avère difficile, le titre a toujours été entraîné à la baisse. Même si Seb a aujourd'hui un profil plus résilient, c'est un titre susceptible de nouveaux chahuts et qui exige de rester très vigilant.
13:39 Lien permanent | Envoyer cette note
L'Epargne salariale fragilisée
par Jean-Michel Vandenberg
Thomson - 90 %, Rhodia ou Renault - 74 %, Peugeot - 60 % pour ne prendre que quelques exemples. Depuis le début de l'année, dans le sillage d'un CAC 40 en baisse de 40 %, les valeurs industrielles connaissent une dégringolade boursière. Mauvaise pioche pour les salariés qui ont placé une partie de leurs économies dans les plans d'actionnariat salarié et ont vu leur épargne fondre comme neige au soleil. Ou pour ceux qui ont placé leur intéressement ou leur participation dans des outils d'épargne collectifs investis en actions.
Selon l'indice publié par l'Association française de gestion (AFG) et Europerformance, le résultat des FCPE "actions" est de - 25,75 % sur un an à fin septembre 2008. Certes, sur cinq ans, la progression reste de 24,67 % et les abondements versés par les entreprises permettent parfois de limiter les dégâts. Mais à court terme, la situation n'est pas rose.
Déjà, dans l'urgence, des opérations d'actionnariat ont été suspendues. A moyen terme, le principal danger est de voir, comme en 2001 après l'éclatement de la bulle Internet, les salariés se détourner de ces placements. La consommation des revenus pourrait être accrue par le projet gouvernemental sur les "revenus du travail", actuellement en cours d'examen au Parlement, qui permettra de percevoir immédiatement sa participation alors qu'elle était jusqu'alors bloquée pendant cinq ans. Parmi les premières victimes de la tourmente boursière, les Plans d'épargne retraite collectif (PERCO) qui commençaient à se développer en vue d'assurer un complément à la retraite du régime général.
Si elles veulent maintenir ces outils, les entreprises vont devoir faire un effort accru de communication. Même si elles délivrent, avec les gestionnaires de fonds une information sur les différents placements et les risques afférents qui leur permet de s'exonérer de tout risque juridique, le message ne passe pas toujours auprès de salariés qui n'ont pas une culture boursière.
La crise va pousser les entreprises et les gestionnaires de fonds à offrir une palette plus large de placements, et de risques.
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