samedi, 15 novembre 2008
Analyse de conjoncture - novembre 2008
Analyse de conjoncture - novembre 2008
par Jean-Michel Vandenberg
Nous y sommes ! Le FMI prévoit pour les pays développés une des plus fortes récessions de l'après-guerre, avec un recul de 0,7 % aux Etats Unis et de 0,5 % dans la zone euro, ce qui signifie que nous nous dirigeons vers un premier semestre 2009 très difficile. Du côté des entreprises, nous entrons également dans le vif du sujet, avec une forte accélération des avertissements sur les résultats.
Après les constructeurs automobiles (Toyota a tout de même réduit de 60 % ses prévisions de bénéfices annuels), plusieurs grands groupes comme Danone, Hermes International, Adidas et Legrand ont nettement réajusté leurs prévisions pour 2008 et 2009. De leur côté, les dirigeants de Lafarge ont confirmé qu'ils n'étaient plus en mesure de réitérer leurs objectifs de 2010. Certains grands groupes comme Total, Alstom ou Rhodia se sont montrés beaucoup plus confiants sur l'avenir, mais le marché n'est visiblement pas disposé à s'attarder sur les bonnes nouvelles.
Le fait que nous touchions la crise du doigt, avec un impact désormais visible sur les résultats des entreprises, n'est pas necessairement une mauvaise chose. Les boursiers les plus aguerris considèrent à juste titre qu'il vaut mieux faire face à une dure réalité qu'à un fantasme de crise, qui est de loin ce qu'il y a de pire en bourse.
Sans aucune illusion sur l'évolution de la conjoncture pour l'année à venir, les analystes devraient donc accélérer au cours des semaines à venir leur travail de révision à la baisse des résultats des entreprises. Cette période d'ajustement risque de se révéler difficile pour le marché, mais elle devrait rapidemment montrer que, avec un indice CAC 40 qui anticipe désormais une baisse de 35 à 40 % des bénéfices pour 2009, une bonne partie du scénario récessionniste que redoutent les investisseurs est déjà intégré dans les cours.
Il importe malgré tout de rester très prudent, car le marché reste soumis à des phénomènes techniques, comme des ventes forcées d'actions de la part des hedge funds. Ceux-ci se tiennent en effet à l'affût du moindre rebond technique pour céder d'énormes quantités de titres sur le marché pour répondre aux demandes croissantes de rachat de leurs clients. Il n'est donc pas exclu de voir dans les semaines à venir les valeurs européennes revisiter dans un excès de baisse les plus bas niveaux atteints à la mi-octobre.
La profondeur de la crise constitue en effet la grande interrogation du moment. A défaut de visibilité sur le "timing" de la reprise, mieux vaut rester prudent et limiter à 50 % la part des actions en portefeuille. A court terme, outre les placements monétaires et une "poche or" indispensable (10% environ), les fonds spécialisés dans les emprunts privés (dits corporate) émis par des banques ou de grandes entreprises peuvent constituer une alternative rémunératrice (rendements moyens de 6 %), avec des risques limités.
France : 6,4 % de déficit public en 2012 ?
Le déficit public français atteindra dès cette année la limite de 3 % du PIB et progressera à 3,5 % en 2009, selon les prévisions de la Commission européenne. Le gouvernement a annoncé revoir en hausse également sa prévision 2009 de déficit, de 2,7 % à 3,1 % du PIB. En cas de récession, le sénateur Philippe Marini estime que le déficit pourrait déraper jusqu'à 4,3 % du PIB l'an prochain, même sous l'hypothèse d'une évolution maîtrisée des dépense publiques. Il déraperait jusqu'à 6,4 % en 2012 si l'effort de maîtrise des dépenses n'était pas maintenu.
13:25 Publié dans Analyse de conjoncture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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