lundi, 10 novembre 2008

L'Epargne salariale fragilisée

par Jean-Michel Vandenberg

Thomson - 90 %, Rhodia ou Renault - 74 %, Peugeot - 60 % pour ne prendre que quelques exemples. Depuis le début de l'année, dans le sillage d'un CAC 40 en baisse de 40 %, les valeurs industrielles connaissent une dégringolade boursière. Mauvaise pioche pour les salariés qui ont placé une partie de leurs économies dans les plans d'actionnariat salarié et ont vu leur épargne fondre comme neige au soleil. Ou pour ceux qui ont placé leur intéressement ou leur participation dans des outils d'épargne collectifs investis en actions.
Selon l'indice publié par l'Association française de gestion (AFG) et Europerformance, le résultat des FCPE "actions" est de - 25,75 % sur un an à fin septembre 2008. Certes, sur cinq ans, la progression reste de 24,67 % et les abondements versés par les entreprises permettent parfois de limiter les dégâts. Mais à court terme, la situation n'est pas rose.

Déjà, dans l'urgence, des opérations d'actionnariat ont été suspendues. A moyen terme, le principal danger est de voir, comme en 2001 après l'éclatement de la bulle Internet, les salariés se détourner de ces placements. La consommation des revenus pourrait être accrue par le projet gouvernemental sur les "revenus du travail", actuellement en cours d'examen au Parlement, qui permettra de percevoir immédiatement sa participation alors qu'elle était jusqu'alors bloquée pendant cinq ans. Parmi les premières victimes de la tourmente boursière, les Plans d'épargne retraite collectif (PERCO) qui commençaient à se développer en vue d'assurer un complément à la retraite du régime général.
Si elles veulent maintenir ces outils, les entreprises vont devoir faire un effort accru de communication. Même si elles délivrent, avec les gestionnaires de fonds une information sur les différents placements et les risques afférents qui leur permet de s'exonérer de tout risque juridique, le message ne passe pas toujours auprès de salariés qui n'ont pas une culture boursière.
La crise va pousser les entreprises et les gestionnaires de fonds à offrir une palette plus large de placements, et de risques.