mardi, 30 septembre 2008

A propos de la crise

Cette crise n'est pas sérieuse. Réelle, elle n'est pas cependant pas sérieuse par les réactions auxquelles elle donne lieu, même si ces réactions sont chargées en chaîne d'un lourd effet de conséquences.

La dramatisation de cette crise par certaines autorités n'est pas crédible tant au plan politique que sur celui de la simple conduite à tenir. Une cacophonie regrettable car je ne crois pas à la gravité fondamentale de cette crise.

Bien sûr, les effets indirects, en Europe notamment, sont plus difficilement maîtrisables car ils sont moins circonscrits.

Depuis  plus d'un an, ce sont des crises quasi-hebdomadaires qui se bousculent. Il s'agit en réalité d'alimenter un état permanent d'instabilité. C'est un jeu dangereux.

De longues semaines durant, les crises étaient au plus fort, se calmant le Vendredi. Depuis le week-end dernier, c'est le scénario inverse, et les signaux positifs ne sont pas pris en compte par ceux qui veulent répandre ou tout au moins amplifier la gravité de la crise et par là ses effets.

Les péripéties de sauvetage livrent le meilleur exemple que les capacités de contrôle ne sont nullement maîtrisées. Ce n'est pas la moindre surprise dans un système qui ne manquent d'institutions pompeuses de toutes sorte. C'est l'incohérence des acteurs du milieu politique et de la périphérie de la sphère économique et financière qui menacent, par leur absence de maîtrise des faits, la solidité du système et non ces crises qui sauraient trouver leur propre remède si compétence, d'une part, et discrétion, d'autre part, étaient réunies.

Je ne crois pas que la crise déclanchée aux Etats-Unis et même ses nombreuses répercussions boursières soient de nature à entamer la solidité du système ni la santé des économies. Mais un autre grand risque se dessine : celui d'une paralysie d'effet secondaire, qui toucherait bientôt les pays d'Europe : crise d'approvisionnement surtout, et étranglement de certaines facultés bancaires.

Les institutions de banque-assurance fançaises ne sont pas menacées, précisaient aujourd'hui deux grands patrons français, Georges Pauget, du Crédit Agricole, et Henri de Castries, celui d'Axa.

 

jeudi, 25 septembre 2008

"Docteur Catastrophe", l'homme qui avait prédit la crise

"Docteur Catastrophe" l'homme qui avait prédit la crise
par Jean-Michel Vandenberg

Il a été le premier économiste à prévoir, dès novembre 2007, un effondrement du crédit et un krach majeur du système financier, ainsi que l'entrée en récession de l'économie américaine. Le "New York Times" l'a récemment surnommé "Dr Doom" (docteur Catastrophe). Force est de constater que certaines de ses prédictions, notamment sur la crise du modèle des banques d'investissement, se sont révélées pertinentes. Professeur à la Stern School of Business de New York University, ancien condisciple de l'économiste américain Jeffrey Sachs, Nouriel Roubini, cinquante ans, s'est forgé une solide réputation de spécialiste des bulles spéculatives et de l'anticipation des mouvements récessifs sur la base de l'étude de modèles mathématiques et d'analogies historiques.
Né à Istambul de parents iraniens, élevé en Italie et diplômé de Harvard, cet intellectuel atypique, qui ignore la langue de bois et habite dans un loft dans le quartier branché de TriBeCa à New York, aime à se présenter comme un "nomade global". Son blog d'économiste est aujourd'hui l'un des plus consultés dans les milieux académiques. Ancien conseiller au Trésor sous l'administration Clinton, il ne cache pas ses sympathies pour le clan démocrate, même s'il ne figure pas dans le cercle des experts attitrés de Barack Obama dans la campagne.

mardi, 23 septembre 2008

Crise financière et propos

Les étranges propos de président français, réclamant des sanctions financières contre "les responsables du désastre", la crise financière, sont-ils une nouvelle esbrouffe passagère destinée à servir de garniture au Prix humanitaire de la Fondation Elie Wiesel qui vient de lui être remis, et de moyen d'atttirer l'attention alors qu'il doit s'exprimer aujourd'hui, en tant que président tournant des pays européens, devant la 63° Assemblée Générale des Nations-Unies ?  Ou pour mieux décaler sa remarque du discours qu'il doit tenir Jeudi à toulon sur sa politique économique, alors que les signaux de la contestation générale se multiplient, en France, avec la mobilisation de plus en en plus grande des syndicats et dont le point culminant sont attendues en Novembre ?

Ou bien s'agit-il d'une nouvelle manière d'appréhender l'exercice, en brouillant toujours mieux les cartes, pour laisser croire à la maîtrise de crises que l'on ne maîtrise pas, tout en insistant sur celles qui servent peut-être d'épouvantail et ont peut-être été sciemment provoquées, comme celle-ci - et en intervenant d'ailleurs une fois qu'elle est apaisée. Une crise, dont les soubressauts seront nombreux, mais qui n'est pas de nature à remettre en cause la stabilité désormais.

Les données présentées ici ont été rejointes hier par une reprise de semaine au beau fixe, après l'apaisement de la fin de semaine dernière notamment à Tokyo.

lundi, 22 septembre 2008

COOPERATIVES l'Agrobusiness

COOPERATIVES  l'Agrobusiness

par Jean-Michel Vandenberg

Des marques made in coop :
Beghin say, Yoplait, Candia, Paysan breton, Prince de Bretagne, Regilait, D'Aucy, Richemonts, Monfort, Banette, Nicolas Feuillatte, Francine, Daddy, Vilmorin, Clause, Jacquet, Even, Mamie Nova, Delpeyrat, Ebly...


La coopération agricole, c'est un peu comme la tectonique des plaques. Quand un élément se met à bouger, il entraîne tous les autres dans un mouvement en cascade. Depuis quelques mois, l'activité sismique du secteur atteint des sommets ! Après une première vague de concentration dans les années 1997-2002, le rythme des opérations s'est accéléré en 2007 et devrait culminer en 2008. InVivo, Terrens, Coopagri, Unicopa, Cooperl, Champagne Cereales, Cecab, Agrial ou Sodiaal, tous les grands noms ont réalisé une ou lusieurs opérations stratégiques ces derniers mois. Et ce n'est pas fini.
L'agitation gagne toutes les filières. Y compris l'abattage de bovins et de porcins, réputé pour son inertie, et dont les cartes ont été complètement rebattues en quelques semaines.

TERRENA
Née en 2003, de la fusion un peu contre nature, de la Cana d'Ancenis et de la Caval d'Angers, Terrena a frappé deux grands coups cet été. D'abord, la reprise par sa filiale Gastronome de la branche volailles d'Unicopa, ce qui va chatouiller les ergots du leader LDC. Ensuite, l'union de sa branche porcine avec celle d'Unicopa. Ces opérations constituent sans doute le prélude à d'autres rapprochements. Une union de sa branche laitière avec celle d'Even et de Coopagri transformerait Terrena en un nouveau géant du lait...

InVivo
La Bourse de Chicago, les terres noires de l'Ukraine, le marché égyptien...au siège d'Invivo, on a un oeil partout. La plus grosse union de coopératives végétales en France (3,6 milliards d'euros de CA) collecte et commercialise 6 millions de tonnes de grains chaque année. Semences, agrofournitures, distribution spécialisée (Gammvert)... elle est présente partout. Dernier coup d'éclat : la fusion, cet été, de ses activités alimentation animale (conseil de nutrition en élevage) avec Evialis (760 millions de CA)

CHAMPAGNE CEREALES
Les buveurs de bière américains n'ont pas fini de s'étrangler ! Le belge InBev Stella Artois a racheté l'icône Budweiser, et c'est une coopérative française, Champagne Céréales, qui vient de s'offrir, via sa filiale Malteutrop, les malteries du géant américain de l'agrobusiness Archer Daniels Midland (ADM). Champagne Céréales (1 milliard d'euros de CA) devient ainsi le leader mondial du malt de brasserie avec un peu plus de 10 % du marché.

TEREOS
Les 12 000 coopérateurs betteraviers de Tereos ont du flair. Ils ont anticipé les évolutions du régime sucrier européen et compris que ce dernier n'assurerait plus à lui seul leur avenir. D'où une politique active de croissance à l'international (Brésil, pays de l'Est, Afrique) mais aussi des investissements soutenus dans la filiale bioéthanol, dont il est l'un des leaders européens, et le rachat avec Roquette de la branche amidon de l'anglais Tate&Lyle. Seul problème de Tereos, son endettement.

 

mardi, 16 septembre 2008

Economie internationale : le pari de la stabilité

Résolument optimiste, le Journal des Finances effectuait dans le numéro en cours une analyse confirmant sa position constante, concluant comme il a été fait ici au mois d'Août, au maintien de la stabilité de l'économie internationale ainsi que la performance générale de croissance, et ce malgré les menaces d'effondrement quasi-hebdomadaires.

Si les péripéties, il faut le dire, nombreuses survenues en cascade aux Etats-Unis ces jours-ci, et la crise profonde qui s'est emparée des Bourses asiatiques, semblent réviser à la baisse le moral de ce début de semaine, il ne semble pas que ces mouvements de fond puissent se répercuter de ce côté-ci de l'Atlantique. Les mesures générales du gouvernement américain, nationalisant en quelque sorte les deux plus gros organismes de Crédit, constituent un contre-poids énergique à la crise immobiliaire, comme d'ailleurs à la faillite de Lehman et aux ennuis de Merril Lynch in extremis reprise par Bank of America.

Gageons sur l'adoption d'une attitude de rigueur, et que l'on ne saurait se permettre, en ce moment surtout, un cataclysme général motivé il faut bien le dire, par des comportements psychologiques inadéquats, qui n'en finissent pas moins de devoir se répercuter plus ou moins tard sur la tectonique mondiale.

Etats-Unis : récession ou simple ralentissement

Analyse de Conjoncture - Août 2008

par Jean-Michel Vandenberg

Etats-Unis : récession ou simple ralentissement

Au premier trimestre, la croissance du PIB américain a atteint 0,9 % alors qu'en première estimation les économistes de la Fed tablaient sur une progression de seulement 0,5 %. Cette révision en hausse est la bienvenue, mais, tout comme une hirondelle ne fait pas le printemps, un chiffre ne fait pas une tendance et la croissance de la première économie mondiale n'en demeure pas moins dans une situation précaire. S'il reste encore positif, le rythme de la croissance se rapproche dangereusement de la ligne rouge.


Du reste, si l'on regarde dans le détail le chiffre de la statistique, on remarquera que ce sont les exportations et, dans une moindre mesure, les dépenses publiques qui ont contribué à sa révision en hausse. les premières ont notamment progressé de 7,6 % sur les quatre premiers mois de l'année. Une performance à mettre sans aucun doute sur le compte de la faiblesse persistante du dollar.


Malheureusement, la consommation des ménages qui représente près de 71 % de la demande globale continue de baisser. Si les ventes au détail semblent se stabiliser, il ne faut pas se leurrer. Ce chiffre intègre en effet la hausse des prix à la consommation qui est passée de 2,8 % en septembre 2007 à 3,8 % au mois d'avril dernier. Car, en volume, les dépenses de consommation sont retombées à leur niveau le plus bas depuis avril 2003, et ce en dépit d'une augmentation de la croissance des crédits à la consommation. Il faut dire que la confiance des ménages est en berne, affectée par la remontée du taux de chomage et par la chute régulière du nombre de créations d'emplois depuis juin 2007 au point que pour la première fois depuis novembre 2003, l'économie américaine a été destructrice d'emplois au cours du mois de mai dernier.

Referendum

Alors que l'opposition hésite à soutenir la pétition pour un referendum sur La Poste, l'idée d'une consultation populaire en 2009 sur les retraites fait son chemin au sein du gouvernement. Il s'agirait d'allonger l'âge légal de la retraite au-dela de 60 ans afin de renflouer la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse. Mais aussi de faire un coup politique permettant de remobiliser la majorité sur un projet responsable. Peut-être via la nouvelle procédure constitutionnelle de referendum d'initiative populaire.

par JMV

 

jeudi, 11 septembre 2008

Michèle Alliot-Marie doit-elle démissioner ?

Latente, derrière le scandale du fichage des Français, la question est posée sous forme de sondage sur LePost : "Michèle Alliot-Marie doit-elle démissionner ?"

Il semble que l'affaire du fichage généralisé des Français soit en passe de constituer un des fronts de contestation durable, associé à la question du décret autorisant l'emploi du Taser aux polices municpales et à la politique menée par le ministre de l'Intérieur, notamment la multiplication prévue des camérasd e surveillance sur la voie publique et la transformation du rôle de certains services spécialisés en arsenal de répression.

 

mercredi, 10 septembre 2008

EDVIGE, Surveillance policière et abus

L'affaire du fichage de la population et de la collecte illégale de données d'ordre privé par les diverses polices françaises, le scandale causé par l'adoption d'une arme Taser, et la contestation générale entraînée par la politique du ministère de l'Intérieur français atteindront prochainement, selon nous, la stabilité gouvernementale et compromettent les chances de maintien en poste de M. Alliot-Marie.

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