vendredi, 25 juillet 2008

Non à la Caisse des Dépôts en "fonds souverain"

C'est une nouvelle invention dangereuse du président français : faire de la Caisse des Dépôts et Consignations, comme il en a annoncé l'idée le 3 Juillet, "un fonds souverain"qui interviendrait pour éviter les menaces contre les sociétés françaises par des groupes étrangers.

Outre que cette appellation de "souverain" est ridicule en république, doublement ridicule dans un pays qui abdique ce qu'il est convenu d'appeler sa souveraineté au profit d'intérêts par définition contraires, il est inopportun et malsain d'envisager une telle réforme.

Malsain, parce que donner des apparences d'honorabilité au système pervers de la mondialisation n'est qu'un subterfuge destiné à enfumer les naïfs. Exactement comme l'attitude, énoncée hier, de Nicolas Sarkozy de ne pas signer le texte de l'OMC en l'état. Il n'y a là qu'une posture en pointillé, destinée à satisfaire à bon compte, et c'est le principe de l'agenda bien réglé du système électoraliste à la française, endormant tout le monde et ne satisfaisant jamais personne. 

Malsain également, car il est impossible à la Caisse des Dépôts, qui gère des fonds de particuliers à travers le Livret A, les contrats d'assurance-vie de la CNP et les retraites de fonctionnaires, de jouer l'interventionisme.   

 Il s'agirait donc, en se fondant sur l'idée de protéger les entreprises françaises, aux accents évocateurs du "fonds souverain", de faire rebond sur une solution pratique, qui serait , elle, efficace du moins en théorie. Celle d'inciter de plus en plus les épargnants à investir pour se trouver en position de défendre eux-mêmes leurs intérêts. C'est pervers, et c'est un détournement des problèmes réellements posés. Je suis opposé à la constitution en "fonds souverain", en l'état actuel des choses c'est-à-dire en ce contexte d'ultra-libéralisation mondialisée, de la Caisse des dépôts ou de quelque organisme que ce soit, ainsi qu'à la solution qui désengagerait l'état encore plus tout en tentant de convertir les particuliers à l'idéologie ultra-libérale.

                           Michel Thomas de La Garde 

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