lundi, 09 juin 2008

LA FIEVRE DU PETROLE

LA FIEVRE DU PETROLE

 

Le pétrole à 130 dollars, un cours doublé en un an, multiplié par cinq en cinq ans... Le marché serait-il devenu fou ? Où plutôt n'est-ce pas nous qui avons été déraisonnables de nous en remettre à une seule source d'énergie, en voie d'épuisement, pour assurer l'essentiel de notre force motrice ? Le marché, lui, n'a fait que nous avertir à deux reprises déjà avant cette nouvelle alerte. En 1973, puis, en 1979, nous avions connu deux chocs pétroliers. Nous aurions dû prendre conscience de notre trop grande dépendance. Les contrechocs pétroliers ont effacé la mémoire des années 1970. Et nous avons négligé de profiter du répit qui nous avait été laissé pour nous adapter progressivement à des changements pourtant inéluctables.

 

La crise de 2008, à la différence des précédentes alertes, n'est pas que politique. Ce qui la rend sans doute plus durable. Depuis 1990, deux grandes régions du monde qui vivaient en marge de la société de consommation s'y sont ralliées : les pays de l'ex-bloc soviétique et l'Asie. Avec la Chine et l'Inde, ce sont près de trois milliards d'individus qui aspirent, comme nous, à se déplacer en voiture et en avion. La demande des produits pétroliers augmente donc, à un rythme élevé, selon une tendance lourde.

 

A ce facteur structurel vient s'ajouter un élément conjoncturel. La crise des crédits hypothécaires aux Etats-Unis a conduit les autorités financières américaines, pour sauver le système bancaire, à baisser les taux d'intérêt et à laisser filer le dollar. Les pays producteurs de pétrole, pour maintenir leurs revenus en dollars, ont augmenté les prix. Les spéculateurs, échaudés par les cours erratiques des actifs boursiers et des monnaies, ont investi dans lé pétrole et les matières premières, accélérant la hausse des cours. C'est cete spéculation qui introduit une grande incertitude sur le niveau des prix. Tout le monde se doute qu'elle n'est que temporaire, mais nul ne sait combien de temps cela durera.

                             Jean-Michel Vandenberg
 

21:01 Publié dans Bourséco | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : pétrole