jeudi, 02 octobre 2008

Interrogations légitimes

Interrogations légitimes

par Jean-Michel Vandenberg

L'ampleur de la crise économique et financière a surpris et inquiète. On est aussi en train de se demander si des millions d'épargnants, d'actionnaires, de propriétaires et de dirigeants d'entreprises ne subissent pas injustement les dérèglements actuels.

Une interrogation peut même venir à l'esprit : l'économie n'est-elle pas une chose trop sérieuse pour dépendre esentiellement des banques et des professionnels de la finance ? Surtout de ceux qui, derrière des apparences de service public, n'ont cherché qu'à s'enrichir en multipliant les opérations les plus hasardeuses.

Le prodigieux développement des marchés financiers à travers le monde a généré une nouvelle industrie dont les profits ont fasciné bien des particuliers. Attirés par des hausses qui paraissaient faciles, beaucoup ont délaissé les placements sécurisés classiques. Le boom des volumes de transactions en Bourse a favorisé des masses de courtages et des spéculations des plus sophistiquées. Par contre, on n'a pas l'impression que les intermédiaires aient nettement amélioré leurs services d'information et de courtage.

On découvre aussi avec stupeur que les institutions qui paraissaient prestigieuses et inébranlables se sont effondrées comme des châteaux de cartes. La solvabilité d'organismes emblématiques est même parfois mise en cause.

Garder la tête froide est un impératif dans ces phases de grande turbulence. Car, dans un monde à deux vitesses, il importe de faire face aux mauvaises nouvelles et de mesurer le potentiel des meilleures. Toute crise permet de rebondir positivement si on s'en donne les moyens.

mardi, 30 septembre 2008

A propos de la crise

Cette crise n'est pas sérieuse. Réelle, elle n'est pas cependant pas sérieuse par les réactions auxquelles elle donne lieu, même si ces réactions sont chargées en chaîne d'un lourd effet de conséquences.

La dramatisation de cette crise par certaines autorités n'est pas crédible tant au plan politique que sur celui de la simple conduite à tenir. Une cacophonie regrettable car je ne crois pas à la gravité fondamentale de cette crise.

Bien sûr, les effets indirects, en Europe notamment, sont plus difficilement maîtrisables car ils sont moins circonscrits.

Depuis  plus d'un an, ce sont des crises quasi-hebdomadaires qui se bousculent. Il s'agit en réalité d'alimenter un état permanent d'instabilité. C'est un jeu dangereux.

De longues semaines durant, les crises étaient au plus fort, se calmant le Vendredi. Depuis le week-end dernier, c'est le scénario inverse, et les signaux positifs ne sont pas pris en compte par ceux qui veulent répandre ou tout au moins amplifier la gravité de la crise et par là ses effets.

Les péripéties de sauvetage livrent le meilleur exemple que les capacités de contrôle ne sont nullement maîtrisées. Ce n'est pas la moindre surprise dans un système qui ne manquent d'institutions pompeuses de toutes sorte. C'est l'incohérence des acteurs du milieu politique et de la périphérie de la sphère économique et financière qui menacent, par leur absence de maîtrise des faits, la solidité du système et non ces crises qui sauraient trouver leur propre remède si compétence, d'une part, et discrétion, d'autre part, étaient réunies.

Je ne crois pas que la crise déclanchée aux Etats-Unis et même ses nombreuses répercussions boursières soient de nature à entamer la solidité du système ni la santé des économies. Mais un autre grand risque se dessine : celui d'une paralysie d'effet secondaire, qui toucherait bientôt les pays d'Europe : crise d'approvisionnement surtout, et étranglement de certaines facultés bancaires.

Les institutions de banque-assurance fançaises ne sont pas menacées, précisaient aujourd'hui deux grands patrons français, Georges Pauget, du Crédit Agricole, et Henri de Castries, celui d'Axa.